Travailler tue

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Il ne s’agit pas de “conditions de travail” à améliorer à la marge, mais de comprendre ce que ce système fait aux vies quand il organise tout, y compris ce qui n’est jamais reconnu comme tel.

Avant 8 heures, après 17 heures, dirigé par Tithi Bhattacharya, propose un cadre clair : le capitalisme tient parce qu’il s’appuie sur un ensemble de tâches invisibilisées, naturalisées, assignées. Le soin, le travail domestique, la reproduction sociale. Ce texte a circulé largement dans les milieux féministes et militants parce qu’il permet de penser ensemble exploitation, genre et reproduction des rapports de pouvoir, sans les hiérarchiser.

Avec Le Souffle, Lou Dimay reste au plus près des situations. Le texte avance dans des espaces de travail traversés par des rapports de classe et de genre qui ne se donnent pas toujours comme tels, mais qui pèsent, qui orientent, qui enferment. On y voit comment on apprend à tenir, à composer avec la contrainte, à laisser passer. Pas par choix, mais parce que les conditions ne laissent pas d’alternative simple. L’écriture refuse l’effet démonstratif et tient dans cette tension.

Rendre soin, de Julie Lombe, part du travail du care tel qu’il est assigné et vécu. Des corps racisés, précarisés, exposés, à qui l’on demande de soutenir les autres tout en restant en arrière-plan. Le livre ne cherche pas à adoucir ce réel. Il nomme les rapports de race et de classe qui organisent cette mise à disposition permanente. La langue est directe, parfois heurtée, sans détour par des formes qui viendraient atténuer. Elle tient ensemble l’usure et ce qui résiste, sans faire de la résistance un motif consolant.

Ces trois livres reviennent au même point. Ce qui tient, tient parce que certaines vies sont davantage mises à contribution que d’autres. Et parce que cette répartition se décide sans celles et ceux qui la subissent.

Il ne s’agit pas de “conditions de travail” à améliorer à la marge, mais de comprendre ce que ce système fait aux vies quand il organise tout, y compris ce qui n’est jamais reconnu comme tel.

Avant 8 heures, après 17 heures, dirigé par Tithi Bhattacharya, propose un cadre clair : le capitalisme tient parce qu’il s’appuie sur un ensemble de tâches invisibilisées, naturalisées, assignées. Le soin, le travail domestique, la reproduction sociale. Ce texte a circulé largement dans les milieux féministes et militants parce qu’il permet de penser ensemble exploitation, genre et reproduction des rapports de pouvoir, sans les hiérarchiser.

Avec Le Souffle, Lou Dimay reste au plus près des situations. Le texte avance dans des espaces de travail traversés par des rapports de classe et de genre qui ne se donnent pas toujours comme tels, mais qui pèsent, qui orientent, qui enferment. On y voit comment on apprend à tenir, à composer avec la contrainte, à laisser passer. Pas par choix, mais parce que les conditions ne laissent pas d’alternative simple. L’écriture refuse l’effet démonstratif et tient dans cette tension.

Rendre soin, de Julie Lombe, part du travail du care tel qu’il est assigné et vécu. Des corps racisés, précarisés, exposés, à qui l’on demande de soutenir les autres tout en restant en arrière-plan. Le livre ne cherche pas à adoucir ce réel. Il nomme les rapports de race et de classe qui organisent cette mise à disposition permanente. La langue est directe, parfois heurtée, sans détour par des formes qui viendraient atténuer. Elle tient ensemble l’usure et ce qui résiste, sans faire de la résistance un motif consolant.

Ces trois livres reviennent au même point. Ce qui tient, tient parce que certaines vies sont davantage mises à contribution que d’autres. Et parce que cette répartition se décide sans celles et ceux qui la subissent.