tant qu'il reste quelque chose à détruire

littérature

« quand je vois le nombre de femmes qu’ils tuent, je me dis
quelle chance j’ai
d’avoir été violée par un mec bien.

[...]

j’invoque
mon héritage le cri le hurlement
je remonte la côte
porter aux yeux de tous
les bijoux de la honte
»

tant qu’il reste quelque chose à détruire est le chemin poétique d’une reconstruction après le viol. Mag Lévêque éclaire par le poème le lien à la honte, à la culpabilité, à la sexualité. Au-delà du témoignage, elle parvient à créer à partir de la violence et de la douleur, en ne faisant jamais impasse sur l’indicible. Le poème se débat et s’élabore contre la mémoire du corps marqué par l’empreinte invisible de la violence. C’est ici dans l’intime que se joue l’émancipation ; et le verbe de réveiller la force qui n’a jamais quitté l’autrice. Un recueil qui laisse place au trauma sans s’y résumer. L’écriture raconte un état de dissociation se révélant jusque dans l’esthétique. En émerge une sensation de décalage dans laquelle la perception du réel se dilue dans celles des autres, mais contre laquelle un élan de vie brut s’élève. À travers une narration fragmentaire, il est question de la sauvegarde de soi et de la recherche d’une force collective comme réparations.

Illustration de couverture : Mag Lévêque, homo homini lupus, homo femini lupus, 2021.

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1/2

11 euros

80 pages

11 x 17 cm

ISBN : 978-2-492642-06-7

Paru le 23/09/2022